Je ne sais pas si ça vous arrive aussi, mais moi ça me prend parfois : je me lève le matin avec des idées en vrac sur un sujet quel qu'il soit et elles
s'organisent d'elles-mêmes pendant les heures qui suivent.
Et bien aujourd'hui je me suis levée avec des idées sur l'homosexualité, l'acceptation, l'homophobie, la sexualité, etc. Va savoir pourquoi.
Elles valent ce qu'elles valent, je n'ai jamais eu la prétention de détenir "la" vérité.
Bien que bisexuelle, favorable au mariage entre homosexuel(le)s et à l'adoption par des homosexuel(le)s, je trouve idiot de vouloir forcer les gens à avoir un regard positif sur ces sujets sous peine d'être traités d'homophobes et de tout un tas de choses aussi peu agréables.
Je pense que tant que cela ne vire pas à la violence physique et verbale, les gens ont le droit de ne pas accepter, de ne pas comprendre, d'avoir des théories plus ou moins "fumeuses" sans se faire insulter ou regarder de travers. J'ai pu remarquer que la plupart des gens qui ont eu connaissance de ma bisexualité d'une façon ou d'une autre ont commencé par dire "moi je ne pourrais pas". Il me semble que le premier "problème" est là : les gens essaient de s'imaginer en situation pour comprendre. Cette méthode fonctionne peut-être avec tout un tas de choses mais pas avec ça, du moins pas de cette façon-là. Le truc n'est pas de se dire "comment ce serait si j'étais avec une personne de même sexe ?" mais plutôt "comment suis-je avec les personnes par lesquelles je suis attiré(e) ?" parce que, finalement, c'est juste une question de sexe du (de la) partenaire, le reste ne change pas. Et c'est ce dont se sont apperçu mes proches pendant la "seconde phase", celle des questions. J'ai eu droit à beaucoup de questions : est-ce qu'il me faut absolument avoir un homme et une femme dans ma vie (voire dans mon lit) en même temps, etc. Ils se sont vite rendu compte que je ne suis pas plus "perverse" que n'importe quel hétéro. Il y a de tout partout. A partir de là, je n'ai jamais été considérée comme étant "différente", je n'ai pas été rejetée ou que sais-je encore.
Peut-on en vouloir aux gens de ne pas se poser les questions de la bonne façon ? Peut-on les blamer de ne pas savoir, de se dire qu'on est différents d'eux parce qu'ils ne savent pas qu'on ne l'est pas ? J'ai pris le parti de ne pas leur en vouloir tant que le stade de la violence physique et verbale n'est pas dépassé. Après tout, est-ce que tu insultes les haricots verts parce que tu ne les trouves pas bons ?
Et puis, si après avoir posé leurs questions et avoir compris, ils continuent de trouver que deux personnes de même sexe qui s'embrasse ce n'est pas beau à voir, ils en ont le droit même si je ne suis pas de leur avis. Après tout, il y a des gens qui adorent les araignées, qui trouvent ça très beau, mais je suis incapable de les regarder. Il faudrait me voir devant la télé, lorsque passe une araignée ou un asticot, les mains devant les yeux à dire à mon homme "tu me dis quand la scène est passée, hein ?". Parfaitement ridicule, je sais, j'assume. Pourtant elles ont aussi leur utilité ces bêtes-là, si elles existent ce n'est pas pour rien et elles ont autant le droit d'être là que moi. Et bien s'il y avait un glandu qui venait me dire "tu n'as pas le droit de ne pas les aimer" je lui dirais quelque chose à celui-là, c'est certain. Il y a des tas de choses que l'on ne supporte pas au quotidien, des choses dont on a peur ou que l'on ne comprend pas, des choses qui nous hérissent sans que l'on en vienne à nous accuser de tout et n'importe quoi ou à nous insulter. Alors même si c'est râlant on devrait peut-être essayer de se retenir de réagir violemment aux opinions des gens tant qu'elles sont formulées sans violence.
Je parle là, bien entendu, de la dimension humaine uniquement. Je ne dis pas que parce que les gens ont le droit de ne pas être d'accord avec un certain nombre de choses les homosexuel(le)s ne devraient pas avoir les même droits que les autres, ce n'est pas ça que je pense et ce n'est pas de ça que je parle. Ce que je pense sur ce point-là (pour faire juste une petite parenthèse) c'est qu'à un moment il revient aussi aux hétérosexuels d'accepter que ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas d'accord avec un certain nombre de choses que celles-ci n'existent pas : une personne homosexuelle est une personne au même titre qu'eux et devrait avoir les mêmes droits qu'eux. Fin de la parenthèse.
En somme, je trouve que finalement on se montre parfois plus violent en refusant nous aussi de comprendre que les autres ont aussi le droit de réagir d'une façon qui ne nous fait pas plaisir. On doit aussi comprendre que certaines personnes soient profondément convaincues de quelque chose et puissent le dire sans pour autant chercher à blesser, juste parce qu'elles formulent une opinion comme tout un chacun, sans pour autant les traiter de "sale homophobe" ou que sais-je encore. Bien sûr que ça ne me fait pas plaisir quand on me colle l'étiquette "bisexuelle = perverse", alors j'essaie calmement d'expliquer mon point de vue aux gens (sans les insulter parce que ça bloque complètement le processus d'acceptation) et ils comprennent ou non. Et s'ils ne comprennent pas, tant pis, tant qu'ils restent corrects.
Mais la correction ça marche dans les deux sens. Parce que si on commence de notre côté aussi à se braquer les gens ne sont pas près de comprendre dans l'immédiat mais plus tard non plus. A aucun moment ils ne finiront par se dire "on a peut-être eu tort" si on s'est conduit de la même façon qu'eux. D'autant que ça peut aussi envenimer les choses : des gens relativements modérés pourraient en arriver à penser "les autres ont raison, ces gens sont complètement malades" et là ça serait fichu pour de bon. Tactiquement ce n'est vraiment pas un bon "plan de bataille".
Et puis, franchement, je connais des gens qui, d'un côté comme de l'autre, réagissent à toutes les questions comme si elles étaient des agressions ou des moqueries. Certes, parfois on a droit à des questions que l'on trouve parfaitement débiles mais il faut accepter de les traiter en simples questions voire même d'entendre des contre-vérités parfois blessantes et d'y répondre avec calme sinon comment voulez-vous que les gens comprennent qu'ils font erreur. Je crois que j'aurais perdu un sacré paquet de monde en cours de route (famille comprise) si je ne leur avais pas montré qu'avec moi ils pouvaient oser dire des "énormités" et se planter dans les grandes largeurs sans se recevoir des pierres. Il faut faire avec les représentations initiales des gens si on veut les modifier. Je doute que nier le droit à l'erreur de tout un chacun, sur quelque sujet que ce soit, soit une bonne idée pour arriver au but que l'on s'est fixé.
Ca demande de la patience et énormément de qualités que l'on n'a pas forcément parce que l'on est tous humains et que nous réagissons, comme eux, en fonction de tas de paramètres indépendants de notre volonté (éducation reçue, milieu de provenance, caractère, fatigue, stress, ras-le-bol, recul par rapport à la situation, vécu, etc). Mais peut-être pourrions-nous tous faire un petit effort (enfin, petit, tout est relatif) pour ne pas réagir avec violence et accepter que les autres ne soient pas nous quitte à se mordre la langue de temps en temps ?
Et bien aujourd'hui je me suis levée avec des idées sur l'homosexualité, l'acceptation, l'homophobie, la sexualité, etc. Va savoir pourquoi.
Elles valent ce qu'elles valent, je n'ai jamais eu la prétention de détenir "la" vérité.
Bien que bisexuelle, favorable au mariage entre homosexuel(le)s et à l'adoption par des homosexuel(le)s, je trouve idiot de vouloir forcer les gens à avoir un regard positif sur ces sujets sous peine d'être traités d'homophobes et de tout un tas de choses aussi peu agréables.
Je pense que tant que cela ne vire pas à la violence physique et verbale, les gens ont le droit de ne pas accepter, de ne pas comprendre, d'avoir des théories plus ou moins "fumeuses" sans se faire insulter ou regarder de travers. J'ai pu remarquer que la plupart des gens qui ont eu connaissance de ma bisexualité d'une façon ou d'une autre ont commencé par dire "moi je ne pourrais pas". Il me semble que le premier "problème" est là : les gens essaient de s'imaginer en situation pour comprendre. Cette méthode fonctionne peut-être avec tout un tas de choses mais pas avec ça, du moins pas de cette façon-là. Le truc n'est pas de se dire "comment ce serait si j'étais avec une personne de même sexe ?" mais plutôt "comment suis-je avec les personnes par lesquelles je suis attiré(e) ?" parce que, finalement, c'est juste une question de sexe du (de la) partenaire, le reste ne change pas. Et c'est ce dont se sont apperçu mes proches pendant la "seconde phase", celle des questions. J'ai eu droit à beaucoup de questions : est-ce qu'il me faut absolument avoir un homme et une femme dans ma vie (voire dans mon lit) en même temps, etc. Ils se sont vite rendu compte que je ne suis pas plus "perverse" que n'importe quel hétéro. Il y a de tout partout. A partir de là, je n'ai jamais été considérée comme étant "différente", je n'ai pas été rejetée ou que sais-je encore.
Peut-on en vouloir aux gens de ne pas se poser les questions de la bonne façon ? Peut-on les blamer de ne pas savoir, de se dire qu'on est différents d'eux parce qu'ils ne savent pas qu'on ne l'est pas ? J'ai pris le parti de ne pas leur en vouloir tant que le stade de la violence physique et verbale n'est pas dépassé. Après tout, est-ce que tu insultes les haricots verts parce que tu ne les trouves pas bons ?
Et puis, si après avoir posé leurs questions et avoir compris, ils continuent de trouver que deux personnes de même sexe qui s'embrasse ce n'est pas beau à voir, ils en ont le droit même si je ne suis pas de leur avis. Après tout, il y a des gens qui adorent les araignées, qui trouvent ça très beau, mais je suis incapable de les regarder. Il faudrait me voir devant la télé, lorsque passe une araignée ou un asticot, les mains devant les yeux à dire à mon homme "tu me dis quand la scène est passée, hein ?". Parfaitement ridicule, je sais, j'assume. Pourtant elles ont aussi leur utilité ces bêtes-là, si elles existent ce n'est pas pour rien et elles ont autant le droit d'être là que moi. Et bien s'il y avait un glandu qui venait me dire "tu n'as pas le droit de ne pas les aimer" je lui dirais quelque chose à celui-là, c'est certain. Il y a des tas de choses que l'on ne supporte pas au quotidien, des choses dont on a peur ou que l'on ne comprend pas, des choses qui nous hérissent sans que l'on en vienne à nous accuser de tout et n'importe quoi ou à nous insulter. Alors même si c'est râlant on devrait peut-être essayer de se retenir de réagir violemment aux opinions des gens tant qu'elles sont formulées sans violence.
Je parle là, bien entendu, de la dimension humaine uniquement. Je ne dis pas que parce que les gens ont le droit de ne pas être d'accord avec un certain nombre de choses les homosexuel(le)s ne devraient pas avoir les même droits que les autres, ce n'est pas ça que je pense et ce n'est pas de ça que je parle. Ce que je pense sur ce point-là (pour faire juste une petite parenthèse) c'est qu'à un moment il revient aussi aux hétérosexuels d'accepter que ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas d'accord avec un certain nombre de choses que celles-ci n'existent pas : une personne homosexuelle est une personne au même titre qu'eux et devrait avoir les mêmes droits qu'eux. Fin de la parenthèse.
En somme, je trouve que finalement on se montre parfois plus violent en refusant nous aussi de comprendre que les autres ont aussi le droit de réagir d'une façon qui ne nous fait pas plaisir. On doit aussi comprendre que certaines personnes soient profondément convaincues de quelque chose et puissent le dire sans pour autant chercher à blesser, juste parce qu'elles formulent une opinion comme tout un chacun, sans pour autant les traiter de "sale homophobe" ou que sais-je encore. Bien sûr que ça ne me fait pas plaisir quand on me colle l'étiquette "bisexuelle = perverse", alors j'essaie calmement d'expliquer mon point de vue aux gens (sans les insulter parce que ça bloque complètement le processus d'acceptation) et ils comprennent ou non. Et s'ils ne comprennent pas, tant pis, tant qu'ils restent corrects.
Mais la correction ça marche dans les deux sens. Parce que si on commence de notre côté aussi à se braquer les gens ne sont pas près de comprendre dans l'immédiat mais plus tard non plus. A aucun moment ils ne finiront par se dire "on a peut-être eu tort" si on s'est conduit de la même façon qu'eux. D'autant que ça peut aussi envenimer les choses : des gens relativements modérés pourraient en arriver à penser "les autres ont raison, ces gens sont complètement malades" et là ça serait fichu pour de bon. Tactiquement ce n'est vraiment pas un bon "plan de bataille".
Et puis, franchement, je connais des gens qui, d'un côté comme de l'autre, réagissent à toutes les questions comme si elles étaient des agressions ou des moqueries. Certes, parfois on a droit à des questions que l'on trouve parfaitement débiles mais il faut accepter de les traiter en simples questions voire même d'entendre des contre-vérités parfois blessantes et d'y répondre avec calme sinon comment voulez-vous que les gens comprennent qu'ils font erreur. Je crois que j'aurais perdu un sacré paquet de monde en cours de route (famille comprise) si je ne leur avais pas montré qu'avec moi ils pouvaient oser dire des "énormités" et se planter dans les grandes largeurs sans se recevoir des pierres. Il faut faire avec les représentations initiales des gens si on veut les modifier. Je doute que nier le droit à l'erreur de tout un chacun, sur quelque sujet que ce soit, soit une bonne idée pour arriver au but que l'on s'est fixé.
Ca demande de la patience et énormément de qualités que l'on n'a pas forcément parce que l'on est tous humains et que nous réagissons, comme eux, en fonction de tas de paramètres indépendants de notre volonté (éducation reçue, milieu de provenance, caractère, fatigue, stress, ras-le-bol, recul par rapport à la situation, vécu, etc). Mais peut-être pourrions-nous tous faire un petit effort (enfin, petit, tout est relatif) pour ne pas réagir avec violence et accepter que les autres ne soient pas nous quitte à se mordre la langue de temps en temps ?
Vendredi 29 février 2008
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Par Rosa Negra
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Publié dans : Sexo


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