Je me la suis posé longtemps, cette question. Très longtemps. J'ai essayé de voir les choses du côté positif. Ça n'a pas été simple. Il faut un sacré recul pour faire un bilan, aussi petit soit-il.
J'aime cet exercice, faire des bilans. Oui, pour moi c'est un exercice. Certains prendront plutôt ça pour une corvée ou, au moins, pour une chose inutile, une véritable perte de temps. Pour moi, c'est important. Ça me permet de garder la tête froide ou, plutôt, de retrouver mon calme. Ça me permet aussi de voir les choses du côté positif ce qui est très difficile pour moi étant donné que je suis d'un naturel pessimiste. J'ai tendance, dans un premier temps, à voir des montagnes là où il n'y a que de la poussière. Il est vrai qu'être pessimiste permet de ne pas être surpris lorsqu'une tuile nous tombe sur la tête mais c'est tout de même très pesant, et pas uniquement pour l'entourage.
Du coup, je me suis adonnée à mon passe-temps favori en faisant un petit bilan post-obtention de la Licence.
Cette année m'a permis...
... de me montrer moins froide. J'ai toujours fonctionné à l'instinct, certes, mais sans rien montrer de mes sentiments. Toujours vouloir préserver les autres ou ne pas les importuner est peut-être charitable mais n'a rien de positif. Du moins, pour moi. Je suis souvent passée pour une personne froide, prétentieuse, donneuse de leçons, un vrai coeur de pierre. Certes, je suis peut-être un peu tout ça. Mais je suis loin d'être froide et j'ai eu l'occasion de le montrer cette année et de me rendre compte que ce n'est pas pire que lorsque l'on ne dit rien. Au contraire.
... de faire face à mes échecs pour les transformer en réussites.
... de perdre quelques illusions sur la nature humaine. Moi qui croyais les avoir toutes perdues.
... d'apprendre à tenir ma langue. Au lieu de m'emporter pour une chaussette qui traîne, un oubli, une réflexion (etc.) comme je le faisais avant, je choisis de différer pour prendre un peu de recul. Enfin, uniquement s'il s'agit de quelque chose qui n'a pas une grande importance. Les choses vraiment importantes il vaut mieux les régler immédiatement. Différer permet de faire retomber la pression.
... d'apprendre à me taire lorsque je suis fatiguée. Par exemple, vendredi c'était le repas "pique-nique" à l'école. J'étais la seule adulte à avoir payé mon repas. Les autres ont pourtant profité des restes pour se faire des sandwichs avant même que je n'aie pris le mien. Du coup, il ne me restait plus qu'un petit quart de baguette et j'ai dû racler la barquette pour avoir de la sauce pour mon sandwich. En fait, de mon repas je n'ai pu manger que ça parce que la compote et le fromage chauffé par le soleil ça n'est pas vraiment très appétissant. D'autant que j'étais venue en avance aider la cantinière, que j'ai attendu la livraison des repas manquants, que lorsque je suis sortie j'ai aidé à faire les sandwichs qui manquaient et que, du coup, on m'a demandé de prendre un groupe et d'y rester sur un ton que j'ai, sur le moment, identifié comme un reproche mal venu. Cependant, au lieu faire une tête de deux pieds de long (les gosses, eux, n'y sont pour rien), je me suis dit "allez, ma vieille, t'es crevée, t'as mal compris, zen". Et au cas où j'aurais bien compris, pendant qu'elles mangeaient, leurs groupes gigotaient, se levaient, tiraient sur les branches, pendant que le mien se tenait tranquille (et vlan !). Ça m'aura évité une prise de tête sur un (probable) malentendu. Pourtant, normalement, quand je suis vraiment crevée il ne faut pas trop me chercher injustement, j'ai tendance à devenir méchante, à ne plus vraiment faire attention à ce que je dis et à comment je le dis.
... de devenir moins tolérante. Je sais que ce n'est pas forcément positif mais il fallait bien que j'arrête de tolérer tout et n'importe quoi.
... d'être sûre de ce que je veux faire et de pouvoir le faire.
... de faire la différence entre mon désir d'être professeur et mon désir de maternité. En effet, on nous a dit, en cours, qu'un professeur pouvait en venir à voir ses élèves comme ses enfants. Les enfants avec lesquels je travaille, même si j'y suis un peu attachée (c'est normal, j'ai réussi à créer un lien basé sur la confiance avec certains d'entre eux, souvent les plus "difficiles"), ne sont en aucun cas mes enfants. En même temps, je suis aussi loin d'être professeur alors j'ai peut-être encore tout le temps nécessaire pour commencer à confondre enfants et élèves ^^ Alors, certes, je veux des enfants que je ne ferai pas dans l'immédiat pour diverses raisons mais je ne reporte pourtant pas mon envie sur les élèves, ce que je craignais de faire.
... d'apprendre à faire confiance à ma famille (Jo y compris). Même s'ils ont dû faire des efforts pour la gagner, cette confiance, je ne suis plus le seul "pilier" de la famille. Les rôles ne sont plus prédéfinis, chacun prend sa position selon sa situation sur le moment.
Un seul bilan reste à faire : mes besoins spirituels. Où j'en suis et où je vais. Peut-être que je vais quelque part sur ce plan-là aussi. Va savoir. Pourquoi devrait-on garder les mêmes positions toute sa vie, que ce soit sur ce sujet ou un autre ?
J'aime cet exercice, faire des bilans. Oui, pour moi c'est un exercice. Certains prendront plutôt ça pour une corvée ou, au moins, pour une chose inutile, une véritable perte de temps. Pour moi, c'est important. Ça me permet de garder la tête froide ou, plutôt, de retrouver mon calme. Ça me permet aussi de voir les choses du côté positif ce qui est très difficile pour moi étant donné que je suis d'un naturel pessimiste. J'ai tendance, dans un premier temps, à voir des montagnes là où il n'y a que de la poussière. Il est vrai qu'être pessimiste permet de ne pas être surpris lorsqu'une tuile nous tombe sur la tête mais c'est tout de même très pesant, et pas uniquement pour l'entourage.
Du coup, je me suis adonnée à mon passe-temps favori en faisant un petit bilan post-obtention de la Licence.
Cette année m'a permis...
... de me montrer moins froide. J'ai toujours fonctionné à l'instinct, certes, mais sans rien montrer de mes sentiments. Toujours vouloir préserver les autres ou ne pas les importuner est peut-être charitable mais n'a rien de positif. Du moins, pour moi. Je suis souvent passée pour une personne froide, prétentieuse, donneuse de leçons, un vrai coeur de pierre. Certes, je suis peut-être un peu tout ça. Mais je suis loin d'être froide et j'ai eu l'occasion de le montrer cette année et de me rendre compte que ce n'est pas pire que lorsque l'on ne dit rien. Au contraire.
... de faire face à mes échecs pour les transformer en réussites.
... de perdre quelques illusions sur la nature humaine. Moi qui croyais les avoir toutes perdues.
... d'apprendre à tenir ma langue. Au lieu de m'emporter pour une chaussette qui traîne, un oubli, une réflexion (etc.) comme je le faisais avant, je choisis de différer pour prendre un peu de recul. Enfin, uniquement s'il s'agit de quelque chose qui n'a pas une grande importance. Les choses vraiment importantes il vaut mieux les régler immédiatement. Différer permet de faire retomber la pression.
... d'apprendre à me taire lorsque je suis fatiguée. Par exemple, vendredi c'était le repas "pique-nique" à l'école. J'étais la seule adulte à avoir payé mon repas. Les autres ont pourtant profité des restes pour se faire des sandwichs avant même que je n'aie pris le mien. Du coup, il ne me restait plus qu'un petit quart de baguette et j'ai dû racler la barquette pour avoir de la sauce pour mon sandwich. En fait, de mon repas je n'ai pu manger que ça parce que la compote et le fromage chauffé par le soleil ça n'est pas vraiment très appétissant. D'autant que j'étais venue en avance aider la cantinière, que j'ai attendu la livraison des repas manquants, que lorsque je suis sortie j'ai aidé à faire les sandwichs qui manquaient et que, du coup, on m'a demandé de prendre un groupe et d'y rester sur un ton que j'ai, sur le moment, identifié comme un reproche mal venu. Cependant, au lieu faire une tête de deux pieds de long (les gosses, eux, n'y sont pour rien), je me suis dit "allez, ma vieille, t'es crevée, t'as mal compris, zen". Et au cas où j'aurais bien compris, pendant qu'elles mangeaient, leurs groupes gigotaient, se levaient, tiraient sur les branches, pendant que le mien se tenait tranquille (et vlan !). Ça m'aura évité une prise de tête sur un (probable) malentendu. Pourtant, normalement, quand je suis vraiment crevée il ne faut pas trop me chercher injustement, j'ai tendance à devenir méchante, à ne plus vraiment faire attention à ce que je dis et à comment je le dis.
... de devenir moins tolérante. Je sais que ce n'est pas forcément positif mais il fallait bien que j'arrête de tolérer tout et n'importe quoi.
... d'être sûre de ce que je veux faire et de pouvoir le faire.
... de faire la différence entre mon désir d'être professeur et mon désir de maternité. En effet, on nous a dit, en cours, qu'un professeur pouvait en venir à voir ses élèves comme ses enfants. Les enfants avec lesquels je travaille, même si j'y suis un peu attachée (c'est normal, j'ai réussi à créer un lien basé sur la confiance avec certains d'entre eux, souvent les plus "difficiles"), ne sont en aucun cas mes enfants. En même temps, je suis aussi loin d'être professeur alors j'ai peut-être encore tout le temps nécessaire pour commencer à confondre enfants et élèves ^^ Alors, certes, je veux des enfants que je ne ferai pas dans l'immédiat pour diverses raisons mais je ne reporte pourtant pas mon envie sur les élèves, ce que je craignais de faire.
... d'apprendre à faire confiance à ma famille (Jo y compris). Même s'ils ont dû faire des efforts pour la gagner, cette confiance, je ne suis plus le seul "pilier" de la famille. Les rôles ne sont plus prédéfinis, chacun prend sa position selon sa situation sur le moment.
Un seul bilan reste à faire : mes besoins spirituels. Où j'en suis et où je vais. Peut-être que je vais quelque part sur ce plan-là aussi. Va savoir. Pourquoi devrait-on garder les mêmes positions toute sa vie, que ce soit sur ce sujet ou un autre ?
Samedi 30 juin 2007
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Par Rosa Negra
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Publié dans : Tiroir à foutoir


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